Design Miami. Paris
20 octobre – 25 octobre 2026
À l’occasion de Design Miami.Paris, la Galerie Gastou et la Galerie Desprez-Breheret s’associent une nouvelle fois pour mettre en lumière l’œuvre de Jean Touret. Après avoir exploré le travail du bois — et notamment son motif emblématique du « nid d’abeille », sculpté à la gouge et devenu une référence majeure des arts décoratifs — les galeries ont souhaité révéler une autre dimension de son œuvre : celle du fer forgé, réunie ici sous le thème de "L’Âge de Fer".
Le bois constitue une étape fondatrice dans la trajectoire de Jean Touret. C’est au cœur des forêts, alors qu’il est prisonnier durant la Seconde Guerre mondiale, qu’il trouve les ressources nécessaires à sa survie. Dans la présence séculaire des arbres et la force brute de la matière, il puise une énergie essentielle, intime, qui marquera durablement son rapport à la création. De cette expérience naît un attachement profond au bois, dont il magnifiera toute sa vie les essences et les textures.
En poursuivant l’exploration de l’œuvre de Jean Touret, les galeries déplacent le regard du bois vers le fer, de la matière pleine vers la ligne. Le bois fut la matière de l’ancrage. Il y puise une mémoire, une densité, une relation primitive au monde. Avec le fer forgé, une bascule s’opère. La masse cède à la ligne. Le volume se résout en tracé. Le métal incandescent devient écriture. Ce qui se joue ici n’est plus de l’ordre de la construction mais de l’inscription : un geste qui s’apparente à une calligraphie dans l’espace. Le trait devient alors central : un geste direct, tendu vers l’essentiel.
Sa rencontre avec les forgerons de Marolles ouvre un nouveau champ d’expression. Dans cette matière exigeante, Touret affine une écriture formelle fondée sur la rigueur, l’élévation et le dépouillement. Son travail du fer s’inscrit dans une pensée presque franciscaine, où toute recherche de vérité passe par l’élimination du superflu. Ne subsiste que l’essentiel — une ligne, une tension, une présence — capable de toucher par sa justesse et son universalité.
À travers un ensemble de pièces en fer forgé, réalisées avec les Artisans de Marolles ainsi qu’avec les artisans du Loir-et-Cher, les galeries présentent ici une sélection d’œuvres vibrantes, où le métal devient langage. Une œuvre habitée, où la rigueur du geste rencontre une forme de spiritualité silencieuse. L’Âge de Fer propose ainsi une lecture de l’œuvre de Touret comme un mouvement vers l’épure, le fer s’imposant comme un langage de l’essentiel au plus près de cette quête du « juste » qui a toujours animée Jean Touret.