À propos de la galerie
Victor Gastou, une enfance de l'art
Plongé dès sa plus tendre enfance dans le domaine du marché de l’art, Victor Gastou a grandi entouré d’artistes, décorateurs, brocanteurs. « Petit, le week-end, je n’allais pas au foot, je suivais mon père aux puces, dans les expositions ou les ventes aux enchères, se souvient Victor Gastou. Yves m’appartenait même de restaurer les meubles anciens ! Il m’a transmis sa passion des objets. »
Après des débuts dans le domaine de la stratégie et du développement, entre Madrid, Londres et Shanghai, au sein d’une multinationale, Victor Gastou, désireux d’évoluer dans un environnement à échelle plus humaine, rejoint en 2008, à 26 ans, la galerie familiale. « J’ai eu 5 ans d’apprentissage auprès de mon père, j’ai ensuite passé cinq ans à développer la galerie à l’international, nous participons depuis aux grandes foires (PAD London, Design Miami, Maze Basel, etc.). Au fil du temps, nous avons cultivé une complicité profonde, la galerie est devenue notre aventure commune. »
Suite au décès de son père en 2020, Victor Gastou assure la relève. Il défend depuis des artistes de sa génération, comme Omar Chakil, Emmanuel Jonkers ou Harumi Klossowska de Rola. « Si je suis attiré par des choses formellement assez flamboyantes, j’apprécie les matériaux naturels, le geste, la main de l’artiste. » La galerie se distingue par l’éclectisme de ses options, entre grandes signatures du passé et talents émergents. « Je fonctionne à l’instinct, ce sont les rencontres, les découvertes, les coups de cœur, qui m’animent. »
Yves Gastou, l'antiquaire du futur
Figure majeure du marché du design, Yves Gastou (1948-2020) avait l’œil des découvreurs et l’audace de ceux qui devancent leur époque. Après des débuts dans le sud-ouest de la France, son parcours le mène aux Puces de Saint-Ouen, puis à Paris, où il inaugure en 1985 sa galerie rue Bonaparte, dans un décor spectaculaire créé par Ettore Sottsass, son seul projet architectural réalisé en France.
Très tôt, Yves Gastou s’affranchit des hiérarchies et des modes. Il contribue à la redécouverte des grands décorateurs français des années 1940, d’André Arbus à Gilbert Poillerat, tout en imposant un regard nouveau sur le design italien de Gio Ponti, Carlo Mollino ou Ettore Sottsass. Il révèle également au public parisien des créateurs alors encore peu connus en France, parmi lesquels Shiro Kuramata et Ron Arad.
Son œil embrasse les époques, les matières et les cultures avec une liberté rare : le précieux côtoie le radical, le baroque l’épure, une pièce historique une création contemporaine. Collectionneur insatiable autant que marchand, Yves Gastou ne cherche pas à suivre le goût mais à le provoquer. De cette intuition, de ces rapprochements inattendus et de cette fascination pour les objets puissants est née une manière de regarder devenue indissociable de son nom : le « Goût Gastou ».
Une approche sculpturale de l'objet
La galerie fut la première à exposer dans le Paris des années 1980 le mobilier radical et coloré d’Ettore Sottsass. Cet intérêt pour un mobilier sculptural, Victor Gastou le traduit désormais à travers les créations poétiques de la céramiste d’art Agnès Debizet. Dans un registre historique, il remet à l’honneur le mobilier ascétique de Jean Touret (1926-2004). « J’ai une vision romantique du design, me touchent des créations qui interrogent, avec une attirance pour des propositions épurées – mon père avait lui un tempérament baroque. Je suis sensible aux justes proportions, aux matériaux nobles, à une grande qualité d’exécution. »
De son père, Victor Gastou a également hérité d’une disposition à l’enthousiasme, d’un goût des paris audacieux, d’un flair pour les talents prometteurs. L’un des derniers créateurs à avoir rejoint la galerie, Christophe Brunnquell s’avère pionnier dans l’usage de l’intelligence artificielle pour la création de mobilier. Victor Gastou défend un mobilier d’auteur, des pièces fortes qui savent séduire les collectionneurs avisés. Les talents de la Galerie Gastou ont ainsi, au fil des ans, enrichi les collections d’institutions comme le MAD Paris, le Centre Pompidou ou encore le Musée National d’Art Moderne de Kyoto.
Une galerie parisienne à forte présence internationale
Structure à taille humaine, la galerie sait demeurer au plus proche de ses artistes, de ses clients également, dans un rapport de confiance, de conseils personnalisés, et de transmission du savoir. Véritable point d’ancrage, la Galerie du 12 rue Bonaparte est un lieu de partage. Misant sur l’émotion, davantage que sur les discours théoriques sur l’objet, la Galerie Gastou s’est fait, depuis ses débuts, une spécialité des mises en scène atmosphériques, pour ses expositions en ses murs, comme sur les foires internationales. La Galerie Gastou participe à Design Miami et Design Miami.Paris, Maze à Bâle et Gstaad, Nomade Abou Dhabi, au PAD Londres et Paris.
« Nos présentations ne sont jamais muséales, elles ont pour vocation de convoquer les imaginaires. Cela peut être un solo show autour d’un artiste, une thématique inspirée des voyages mettant en dialogue des créations de différents talents, aux styles souvent contrastés. »
Texte, Cédric Saint André Perrin
Nous rendre visite
Paris, 6e arrondissement
11h - 13h & 14h - 19h